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L’Histoire

dimanche 10 août 2014, par Administrateur


Evolution Historique de l’élevage du Hovawart

1) Qu’est ce qu’une race ?

Le début de l’élevage du Hovawart est fixé très précisément à l’année 1922.

C’est à cette date qu’une race ou genre canin- depuis longtemps perdu - a été ramené à la vie. On ne peut expliquer pourquoi de façon cohérente.
Une explication est sûre : elle est à chercher dans le mouvement de jeunesse du tournant du siècle, mouvement qui s’insurgeait contre le mode de vie et valeur des aînés et cultivait avec la nature, le romantisme, le retour à d’anciennes valeurs.

C’est ainsi que fut redécouvert le Hovawart, emblème du chien de garde du Moyen Age. Cette découverte a été soutenue par le capitaine von Stéphaniz ; il fut le véritable instigateur et cofondateur du club germanique du berger allemand (1899). Dans ses premiers écrits, contrairement à des écrits ultérieurs, (on connaît une déclaration de cet auteur datée de 1921), il désigne le Hovawart comme précurseur et ancêtre déterminant du berger allemand. Si on considère les peintures et les photos de bergers du 19° siècle et du début du 20° siècle, on trouve un grand nombre de chiens plus proches de l’actuel standard du Hovawart que du standard du berger allemand. Particulièrement en ce qui concerne la taille, le dos droit, qui ne descend pas, les oreilles fréquemment pendantes, la couleur.

Ce retour romantique à un type de chien médiéval fut probablement renforcé par la décision du club germanique du berger allemand de ne plus élever de chiens à poil long et de donner la préférence à ceux à poil court. Le berger allemand à poil long, avec son air débonnaire, continua à avoir ses amateurs. De sorte que quelques éleveurs de bergers à poil long se groupèrent et tentèrent un nouveau départ. Le nom de cette race ne fut pas difficile à trouver HOVAWART !

La région d’élevage fut celle de la Thale, dans le Harz. Le porte-parole de ces éleveurs fut le zoologue Kurt Friedrich König. Fait étonnant pour les contemporains : Kurt Friedrich König, à part une portée signalée en 1922, une autre en 1927, en Autriche où il s’était installé, ne réapparaît en tant qu’éleveur en 1934, cette fois de façon décisive.

En 1934 il devient l’éleveur prépondérant, ce qui explique certains faits. Chose intéressante : concernant un grand nombre de portées enregistrées sous le nom de König, elles proviennent pour une part d’autres associations d’éleveurs et des éleveurs indépendants et pour une autre part des chiens n’appartenant pas à König.

On a pu établir qu’il fit enregistrer sous son nom de nombreuses portées qui n’étaient pas élevées dans son chenil. Il protégeait aussi les chiens de son élevage. Etant donné les positions et les relations politiques de K.F. König, les éleveurs ne protestèrent pas. Nous avons des notes et des rapports de Johann A. Becker, Alwin Busch et Théo Gräb. Voilà pour K.F. König.

Il y a quelques années, Heinz Radam, qui tenait le livre d’élevage, aujourd’hui décédé, et l’auteur de cet article ont tenté une analyse détaillée de l’élevage des Hovawart dans sa totalité. Nous avons fait un relevé des croisements que nous connaissions et tenu compte de ceux inconnus. Nous avons désigné, dans le relevé, du nom de "chien type", les chiens notés comme Hovawart originel ou Hovawart type. Il s’agit ici de bâtards aux ancêtres indéterminés et qui correspondaient aux représentations des éleveurs d’autrefois. En cherchant plus loin, nous avons constaté que les croisements inconnus ou indéterminés ne jouaient plus aucun rôle dans l’élevage actuel.

A côté des chiens type, nous pouvons reconnaître de façon certaine les races citées ci-dessous. Elles furent déterminantes pour l’image actuelle du Hovawart :

- le Terre Neuve dans sa forme ancienne, plus petite,

- le Kuvacz,

- le Léonberg,

- le Berger allemand,

- Une chienne sauvage africaine (bâtard ?), qui fut utilisée dans les croisements pendant la seconde guerre mondiale.

L’éleveur le plus important des débuts devait être Alwin Busch. Il a introduit dans notre race, une relativement grande part de Berger allemand, avec son élevage. Cette part a atteint après 1980 20 % de la structure génétique de notre race. C’est étonnant aussi, que Johann A. Becker et Théo Gräb, qui s’entendaient bien sur le travail des chiens d’utilisation, élevaient toujours des Hovawarts, dans la région de Hessen à la fin des années 20, avec une part relativement infime de Hovawart Type mais avec une grosse part d’ancêtres de Berger (regardez le pedigree de Cenzi Veckenstedt). Les chiens élevés à l’époque de Johann Adam Becker et Théo Gräb, ne jouent plus aucun rôle dans le Hovawart actuel. Il ne reste aucun descendant de ces chiens et aucun élevage ne fut continué avec eux.

La première portée enregistrée par König (consanguinité 1-4), fut une portée Kuvacz, la deuxième (éleveur Fangmann), une portée Léonberg. Ensuite on enregistre une portée issue d’un croisement entre un Léonberg et un chien de Bouvier suisse. Puis croisement entre un Berger allemand et un Hovawart type. On enregistre, après, des chiens qui correspondaient au type. Le chien avec lequel on essaya de poursuivre l’élevage s’appelait "Moor Barniske", un Terre Neuve du petit gabarit de l’époque. On croisa alors ce chien avec les chiens dont on disposait ou que l’on trouvait ressemblant au chien type. Après un croisement supplémentaire entre un Léonberg et un Terre Neuve, on arrive à la première portée de Alwin Busch (25% Kuvacz, 75% Berger allemand). Puis d’important arriva la portée de l’élevage Hotopp, un croisement entre un Terre Neuve et un Kuvacz.

Je fais maintenant un saut en 1932, portée C de Meyer Busch. Il y a 45% de chien type, 12% de Terre Neuve, 15% de Kuvacz et 28% de Berger allemand. Ce fut la structure génétique du Hovawart, la plus décisive dans l’élevage jusqu’à aujourd’hui : Castor Meyer Busch. Cet Hovawart est représenté des milliers de fois en tant qu’ancêtre chez les Hovawart d’aujourd’hui.

La portée Geisler, qui, elle aussi joue un rôle important dans l’élevage avait une structure génétique différente : 70% de chien type, 12% de Terre Neuve, 8% de Kuvacz et 10% de Berger allemand. Le Léonberg fait parti avant tout des portées de Triska et Neumann, ainsi que d’une série de lignées secondaires (Douglashall) mais on fit reculer sa participation. Il joua cependant un rôle dans la région berlinoise, nous le verrons.

Dans les années 30 on introduisit des Hovawart type dans la station zootechnique (König). Il est probable, quoique indémontrable, que d’autres croisements entrent ici en jeu, cependant en nombre mineur.

La part du chien type dans les années 30 oscille entre 40 et 50%. Mais il existait aussi des chiens qui avaient pour ancêtres des chiens à 70% de chien type. D’autres en avaient moins de 20%.

Sans les chiens élevés dans ce que l’on appelait les stations zootechniques - mais il ne faudrait pas surestimer cette appellation - la participation des chiens type n’aurait guère dépassé les 40%. Dans le milieu des années 70 la part oscillait autour des 60%.

Kurt F. König fit ses expériences à huit clos. En 1940, elles aboutirent lorsqu’il introduisit dans les croisements une chienne sauvage africaine (?) : Tessa, réquisitionnée dans la France alors occupée !

Concernant König, il faut renoncer à toute conduite d’élevage cohérente. Ce procédé quelque peu chaotique fut avantageux pour l’élevage d’aujourd’hui dans la mesure où nous avons conservé, en dépit de la faible population de l’époque, un éventail d’élevage très large.

En 1937, les efforts déployés dans l’élevage du Hovawart atteignent leur apogée : la race Hovawart est reconnue lors de "la semaine verte dans le Reich" à Berlin. Cela reflète aussi l’état d’esprit du siècle, en effet la tradition allemande était à la mode.

Vint la période sombre de la seconde guerre mondiale !

De nombreux Hovawart furent réquisitionnés et périrent.

En résumé des 20 premières années de l’élevage du Hovawart, nous pouvons faire - d’après le point de vue actuel - les constatations suivantes :

- les débuts de l’élevage se firent sans planification (peut-être dieu merci !),

- il y a eu des expériences sans but précis. Kurt F. König s’entêta dans ses "représentations romantiques" du Hovawart. Il pensait que le Hovawart était un chien de travail "sui generis", c’est-à-dire qu’un Hovawart devait accomplir toutes les tâches sans formation, seulement avec son inné. Pour comprendre le succès qu’obtint König en propageant l’idée d’un "chien germanique" originel, il faut prendre en compte l’idéologie de cette époque.
En 1937 lorsque le Hovawart est reconnu en tant que race, régnait l’idée, entretenue par la cynologie, que le Hovawart avait été reconstruit par des "recroisements". C’est naturellement faux. A cette époque il n’y avait pas de race !

Une petite digression : qu’est ce qu’une race ?

On désigne par race, des animaux d’un genre donné présentant un ensemble de gènes. Tous les gènes allélismes présents chez les individus de la race peuvent immédiatement ou dans le futur contribuer à l’empreinte de la race. Ceci est valable et dans la même mesure en ce qui concerne les propriétés désirables ou indésirables, de même que les caractéristiques physiques.

Pour constituer une race il faut qu’existe l’isolement d’un groupe de gènes d’autres races et ne pas lier ensemble des animaux de la même espèce.

Mais à cette époque le groupe de gènes du Hovawart était loin d’être déterminé.

Par l’intermédiaire des stations zootechniques on introduisit des chiens types dans l’élevage. La dénommée "chienne sauvage africaine Tessa" ne fut introduite qu’en 1940 comme dernier croisement. Ainsi détermina-t-on le groupe de gènes du Hovawart.

Il existe une exception connue. Elle s’est produite en dehors de notre club allemand RZV. Le 29.12.69 le club de Weser-Ems entreprend un croisement avec un Terre Neuve dans l’élevage von Gila. La détermination du groupe de gènes avec Tessa signifie pour le RZV que tous les problèmes que nous avons aujourd’hui dans l’élevage sont imputables aux ancêtres d’avant 1940.

Deux travaux de Gisela Kiöbge existent sur ce sujet. Ils traitent de l’anomalie de la mâchoire et de la queue. Les défauts de couleurs remontent eux aussi aux ancêtres des chiens actuels. Sont concernés sans équivoque les croisements entre les chiens type et les Berger allemand. A cette époque on décrit la couleur par le terme "couleur de camouflage". On interdisait par principe les accouplements blond/blond.

Ainsi il y avait après la deuxième guerre mondiale une race très hétérogène et qui cherchait un nouveau départ.

2) Développement des Clubs et hérédité de la couleur chez le Hovawart.

Si l’on veut expliquer l’élevage d’aujourd’hui, on doit se représenter la situation de départ après la deuxième guerre mondiale. Il y avait des éleveurs de Hovawart dans les différentes zones d’occupation et ils ne savaient rien les uns des autres. Ces groupes d’éleveurs avaient des Hovawart aux structures génétiques différentes. En outre il faut se rappeler qu’à cette époque on n’en est, en moyenne, qu’à la 6ème génération de l’élevage du Hovawart.

- A) L’élevage de Coburg :

Dans cet élevage aucun Hovawart n’a du sang de Léonberg. La base de départ est : 60% de chien type, 10% de Kuvacz, 10% de Terre Neuve, 20% de Berger allemand. Les 20% de Berger allemand conduisirent à une série de bons chiens d’utilité.

- B) L’élevage de Hambourg et du Schleswing-Holstein :

Là, la participation des chiens type a toujours été inférieure à 60%, celle des Bergers allemand inférieur à 20%. Par contre celle du Kuvacz et des Terre Neuve toujours supérieure à 10%. La présence de la chienne sauvage africaine Tessa ne se manifeste qu’à Hambourg, nous le verrons par la suite, et ce de façon autant négative que positive sur une partie de l’élevage.

- C) L’élevage de Oldenbourg :

La participation des chiens type est inférieur à 50%, celle du Berger allemand est d’environ 25%, le Terre Neuve jusqu’à 10% et le Kuvacz environ 3 à 4% de plus que dans les autres régions, ce qui aura des conséquences, nous le verrons plus tard.

- D) L’élevage de Berlin et de la RDA :

C’est là que se trouve les plus grandes variations dans les structures génétique. Les chiens type oscillèrent entre 40 et 70%, les Terre Neuve entre 8 et 15%, le Kuvacz et le Berger allemand entre 15 et 25% - et seulement ici le Léonberg mérite d’être cité parce qu’il atteignit les 4%. J’en tirerai les conséquences plus tard.

A cause de ces bases différentes dans chaque région, les types de chien s’éloignaient les uns des autres. Il en résulta un grand nombre de types, ils se maintinrent jusqu’à ce que le contact se noue entre les éleveurs. La consolidation de l’aspect physique du Hovawart ne s’effectua qu’à partir du moment où le RZV en RFA réunit la plupart des propriétaires de Hovawart en groupes régionaux.

Je dois faire une allusion au développement des clubs Hovawart en RFA après la seconde guerre mondiale. M. Heinz Radam a mené cette recherche à la façon d’un détective.

Une question se pose. Jusqu’à la fin de la guerre, un seul club existait, - le club Hovawart pour chiens de garde allemand (Hovawart-Verein für Deutsche Schutzhunde), dans les 3 zones Ouest, ainsi qu’à Berlin-ouest - et qu’après la guerre, plusieurs clubs Hovawart se forment, et pourquoi ces Clubs ne fondèrent-ils pas à nouveau un club Hovawart.

A la fin de la guerre existaient des groupes isolés de propriétaires de Hovawart. Ils furent toujours constitués là où König s’était manifesté. Ces groupes ne savaient rien les uns des autres. Nous devons en conclure qu’avant et pendant la guerre le responsable de l’élevage du Hovawart fut König, et qu’il existait également un club. Mais on ne peut pas assurer qu’il y a une structure de club. Nous ne connaissons pas de comité d’administration. Nous tenons seulement de Johann A. Becker qu’il y avait couramment des différends et qu’ils étaient toujours résolus dans le sens de König. Avant la guerre, seuls Alwin Busch et Johann A. Becker étaient actifs dans le club aux côtés de König . Certes dans les dernières années de la guerre, quelques éleveurs étaient venus à l’Hovawart, mais ils n’eurent aucune influence jusqu’à la fin de la guerre. La liaison se faisait par le Livre d’élevage et la direction de l’élevage, tous les deux dans les mains de König.

Après la guerre Karl Siegmann à Hambourg a tenu le Livre d’élevage. Ne sachant pas où en étaient les inscriptions à la fin de la guerre, il commença au N° 2000. Il tint ce Livre jusqu’en 1946. A la demande de König, Madame Bernhard de Sandkrug, continua. On ne donna qu’un numéro par portée. Les hambourgeois et les oldenbourgeois pensaient qu’ils tenaient le seul Livre d’élevage, d’autant plus, qu’à la demande de König on enregistrait parfois des portées provenant d’autres régions.

König qui connaissait l’existence de ce Livre, continua à tenir l’ancien Livre d’élevage de la région de Cobourg. Il n’enregistrait ici que des chiens de cette région, si bien que les cobourgeois pouvaient penser être les seuls éleveurs de Hovawart. A la fin on enregistra aussi quelques portées provenant de Hambourg. A Berlin on tint 2 Livres d’élevages, probablement privés. On n’a jamais pu établir qui les a tenus. On peut penser qu’il s’agit de Livres d’élevages collectifs.

- Le groupe de Cobourg fonda le RZV (Rassezuchtverein für Hovawart-Hunde e.V.)

- Le groupe de Hambourg créa le nouveau club du Hovawart pour chiens de garde allemand (Hovawart-Verein für Deutsche Schutzhunde)

- Les amis des Hovawart de Berlin fondèrent le club des amis du Hovawart ((Verein der Hovawartfreunde).

- Plus tard à Oldenbourg on fonda le club du Hovawart Weser-Ems (Hovawart-Verein Weser-Ems). König fut invité à la réunion de la fondation du VDH et l’a transmis aux présidents du RZV. De cette façon le RZV fut représenté à la réunion de la fondation du VDH et devint membre de celle-ci. Les autres groupes apprirent cette fondation ultérieurement et essayèrent de devenir membres à leur tour. Les statuts du VDH excluaient cela. On tenta une union des clubs, qui n’aboutit pas. Alors une partie des propriétaires de Hovawart habitant Hambourg et Berlin passèrent au RZV. Désormais il y avait deux clubs de Hovawart à Hambourg et Berlin.

Il fut convenu entre le RZV et la société spéciale d’élevages du Hovawart de la RDA que cette dernière tiendrait le Livre d’élevage à partir du numéro 2300 et le RZV à partir du numéro 3000. Les numéros à la disposition de la société spéciale d’élevage furent utilisés à partir du numéro 2643 seulement par les clubs de la RFA et de Berlin-Ouest, non affiliés au VDH. La société spéciale d’élevages eut à sa disposition les numéros 3200 à 3299. Plus tard le RZV déchargea le détenteur du Livre d’élevage de cette contrainte. Il est évident qu’aucune confusion n’était plus possible ; étant donné les importantes différences d’élevages, les numéros étaient très éloignés les uns des autres.

Au milieu des années 50 on essaya une nouvelle fois de réunir les clubs de la RFA. A cette époque on n’entendait pas parler de König. Ces négociations furent menées par Otto Schramm, président du RZV, et par Johann A. Becker pour le club Hovawart du chien de garde allemand et pour le club des amis du Hovawart de Berlin. A cette même époque les propriétaires de Hovawart de Oldenbourg s’affilièrent au RZV. Les négociations furent couronnées de succès et les accords étaient pratiquement conclus. On décida que les membres de ces clubs s’affilieraient au RZV et quitteraient leur clubs respectifs. Ceci eut lieu le 01.01.56. Dans la région de Hessen ce passage s’opéra dès le milieu de l’année 1955 et ce, à la demande des membres des clubs. Les Comités d’administration berlinois et hambourgeois considérèrent cela comme une atteinte aux accords, le passage généralisé ne se fit pas. Sur ce la plupart des membres de ces clubs démissionnèrent et s’affilièrent au RZV.

En 1958, dans la région de Oldenbourg, certains membres du RZV démissionnèrent et fondèrent le club Hovawart Wesr-Ems. Ce club, le club Hovawart pour chiens de garde allemand, et le club des amis du Hovawart formèrent l’association internationale Hovawart de Berlin (Internationalen Hovawart-Verband Berlin). Environ 10 % des propriétaires de Hovawart de la RFA et de Berlin-Ouest s’organisèrent dans ces clubs.

A la fin des années 50 König refait surface. Il crée dans la région de Rotenbourg/Wümme une station zootechnique dans laquelle il ouvre un soi-disant élevage de race originelle. Mais cela n’a jamais été un élevage de race originelle. Il fit de l’élevage avec des chiens qu’il avait obtenus du RZV. On parla alors d’élevage de re-construction mais c’était un élevage tout à fait normal, l’éleveur tenait simplement un Livre d’élevage individuel. De façon fictive, à partir d’un nom, on énonça une exigence.

Comme nous l’avons déjà dit le Hovawart-Verein-Weser-Ems procéda à un croisement. Cela apporta des différends à l’intérieur du club international du Hovawart avec pour conséquence des séparations.

Sans se laisser troubler par ces luttes, le RZV poursuivit sa route pour devenir un grand club qui, à la fin de 1990 comptait plus de 5000 membres. Chaque année il enregistrait 700 chiots et plus.

Revenons à l’élevage des années d’après guerre et aux données de base différentes au départ dans les régions et leurs effets.

J’ai parlé de la chienne sauvage africaine Tessa dans l’élevage de Hambourg/Schleswing-Holstein. Elle a influencé l’élevage tant de façon positive que négative. Deux choses frappent dans sa descendance :

- 1.Concernant le type de chiens trop minces et haut sur patte.

- 2.Concernant le caractère avec une trop grande proportion de chiens fuyants par peur.

Du reste ces constatations ne concernent pas toute la descendance. Dans certaines combinaisons, particulièrement dans l’élevage "v. Ahlftener Berg" le potentiel de caractère semble particulièrement réussi. "Anka von Fossredder" en est la descendante la plus significative. Jusqu’à aujourd’hui ses performances n’ont jamais été surpassées dans notre club (championne Nationale de travail en 1962, 63, 64, 65 et 66, plus 2 participations avec classement au championnat allemand du DVG).

En ce qui concerne l’élevage oldenbourgeois j’avais remarqué que dans cette région la part de Kuvacz était plus élevée qu’ailleurs. En conséquence nous trouvons chez les chiens blonds une robe blond moyen à tendance claire, avec comme effet une forte pigmentation de la truffe, du tour des yeux, des griffes et des soles. Nous retrouvons actuellement cette tendance chez les chiens venant de l’élevage "von Trollhof". On constatait l’inverse chez les chiens berlinois. Aujourd’hui on qualifie de blond berlinois un chien d’un blond foncé qui peut même aller jusqu’au roux, et pour la plupart sans éclaircissement, et qui va de pair avec une pigmentation couleur cuir. Comme nous l’avons déjà vu c’est le Léonberg qui donne cette teinte. Même chose en ce qui concerne la couleur "sauvage" indésirable que nous avons encore dans l’élevage et qui provient de l’élevage berlinois "von Kusseck" et tout particulièrement de la portée K.

A cet endroit j’aimerais glisser, pour une meilleur compréhension, un court texte sur l’hérédité des couleurs chez le Hovawart.

Le Hovawart a deux couleurs fondamentales : clair et foncé. C’est volontairement que je ne dis pas blond et noir. Noir marqué de feu n’est pas une vraie couleur.

Les deux couleurs fondamentales se répartissent selon la courbe de répartition normale de Gauss.

La couleur claire : de presque blanc à brun roux, cependant que le ventre de la courbe recouvre les tons de blond moyen.

La couleur foncée : la courbe va de "rouille roux à bleu noir". Ici le ventre de la courbe est caractérisé par les chiens noirs, qui certains endroits, par exemple, à la poitrine, à la culotte, derrière les pattes, montrent une légère tonalité brune. Le facteur déterminant des marques peut exister aussi bien chez un chien à robe claire que chez un chien à robe foncée. Mais il n’apparaît chez un chien que s’il porte ce facteur "marque" de façon homozygote car "aucune marque" est toujours dominant sur "marque". Même chose pour les couleurs fondamentales. La couleur foncée est toujours dominante sur la claire. C’est-à-dire qu’un chien clair homozygote ne se manifeste comme tel que dans le phénotype.

Nous pouvons en déduire les lois suivantes :

- 1.L’accouplement entre chiens blonds donne toujours et uniquement une descendance blonde,

- 2. L’accouplement entre un chien blond et un chien foncé (soit noir, soit noir et feu) peut donner toutes les combinaisons des trois couleurs,

- 3. L’accouplement entre chiens noirs donne également toutes les combinaisons des trois couleurs.

- 4. C’est valable aussi pour la combinaison noir avec noir et feu.

- 5. L’accouplement entre chiens noir et feu peut donner une descendance blonde et noire et feu, mais pas de chiens noirs !

Ces simples règles de base peuvent se compliquer si on considère le ton de la robe ou la marque car l’empreinte n’est pas commandée par un gène mais par ce que l’on appelle la polygynie, c’est-à-dire que plusieurs loci déterminent les incidences.

Nous constatons ces problèmes tous les jours chez nos chiens noir et feu, les dessins des marques sont très fortement variables, si bien qu’il est souvent impossible d’en prévoir le genre et la manifestation. On pourrait réduire ce problème en élevant séparément la couleur noire, ce que nous ne voulons pas.

Pour conclure sur la couleur dans l’élevage du Hovawart, il existe quelque chose comme l’ordre de la répartition normale des couleurs. Ainsi nous avons environ 45 à 50% de noir et feu, environ 35% de blond et 10 à 20% de noir.

Gisbert LANGHEIM